Barack Obama sera-t-il élu ? Oui, malgré les derniers sondages
Titem | 31 octobre 2008Le monde entier a les yeux tournés vers l’Amérique, et quatre jours avant les élections, chacun se demande si, oui ou non, Barack Obama sera élu le 44ème Président des États-Unis. Chacun y va de sa petite prédiction, de son pronostic. Je ne suis pas Madame Soleil, mais je me risque quand même à l’exercice. Oui, Barack Obama sera élu, en dépit des derniers sondages qui atténuent sa probable victoire. Sur cette page du Washington Post, vous pouvez vous amuser à faire votre prédiction pour les élections présidentielles américaines, en cliquant sur les différents Etats pour en attribuer les grands électeurs à chacun des deux candidats. J’en arrive au résultat suivant : Obama élu avec 325 grands électeurs contre 213 pour McCain.
Les médias nous ont expliqué ce qu’était l’effet Bradley, et en quoi le sénateur de l’Illinois pourrait en être victime. Tom Bradley était un candidat noir au poste de gouverneur de Californie, et bien que les sondages le donnaient gagnant, il perdit l’élection, donnant son nom à l’effet selon lequel les Américains, dans les sondages, n’avoueraient pas qu’en aucun cas ils ne voteront pour un noir. C’était en 1982. Depuis les choses ont changé, et l’effet Bradley, s’il existe, ne sera pas aussi fort. Certains évoquent même l’idée d’un anti-effet Bradley, où les indécis apporteraient finalement leurs suffrages à Barack Obama, de peur de voir leur pays taxé de racisme.
On sait également à quel point les valeurs et les symboles sont importants dans une élection, en particulier aux Etats-Unis. Et comment, en jouant sur la peur des attaques terroristes et en promouvant des valeurs très conservatrices, George W. Bush était parvenu à se faire réélire. Mais ici, cette politique de la peur semble avoir fait long feu face à la crise, première préoccupation des Américains, et pour laquelle Barack Obama, avec raison ou non, au vu des sondages, est perçu comme celui qui est le mieux à même d’y répondre.
Alors, qu’est-ce qui pourrait faire perdre Barack Obama, outre une catastrophe géopolitique que nul ne souhaite ? Peu de choses serait-on tenté de croire. Les médias affirmaient néanmoins que McCain remontait dans les sondages. Au vu du système électoral, cela m’était tout d’abord apparu comme le chant du cygne. Dans la mesure où :
- A chaque Etat est attribué un nombre de grands électeurs en fonction du nombre d’habitants. – Que le candidat arrivé en tête dans un État remporte TOUS les grands électeurs de cet État (« the winner takes it all »). – Qu’est élu celui qui obtient au moins 270 grands électeurs.
… Si McCain gagne des points d’intention de vote dans des Etats où il est déjà en tête ou dans des Etats où il ne dépasse pas Barack Obama pour autant, cela ne change rien. Ainsi, il y a dix jours, j’aurais dit que les choses étaient jouées. Les fameux « swing states » ne seraient d’aucune utilité pour le sénateur de l’Arizona : Barack Obama est déjà crédité, sans les swing states, de la majorité absolue en nombre de grands électeurs.
Mais à quelques jours, les choses ont changé. Barack Obama n’est plus crédité de la majorité des grands électeurs. : 252 pour Le Monde. Mais ils ne sont pas pour autant acquis au camp républicain., qui n’en disposerait que de 123. Le nombre de « swing states » a augmenté. Bien sûr, ce ne sont que des sondages, avec tous les pièges et les précautions à prendre. Mais à quelques jours du scrutin, cela dessine tout de même à grandes lignes le vote du 4 novembre.
Du côté américain, même prudence. Le Washington Post donne pour le moment 207 grands électeurs à Barack Obama contre 158 pour John McCain. Mais dans la plupart des « swing states », Barack Obama est donné vainqueur. Par exemple, dans un Etat aussi important que la Floride, Barack Obama gagne des points.
Encore un avantage pour lui, et qui m’incite à penser que oui, Barack Obama sera bel et bien élu. Je dirais même que je le souhaite, même si je suis conscient que son élection ne changera pas fondamentalement les choses (cf. cette revue de presse européenne sur CaféBabel).
Ce qui va compter pour cette élection, c’est donc la mobilisation des électeurs dans les swing states, car le pays tant loué pour ses qualités démocratiques est un Etat où l’abstention est élevée.











[...] Il y a quatre ans, alors étudiant à l’Institut Politiques de Rennes, je m’étais prêté au jeu des prédictions pour les élections présidentielles américaines. Avec 325 grands électeurs pour Obama, j’avais alors largement sous-estimé sa victoire. [...]